Anemoia : c’est le mot qui désigne la nostalgie que l’on peut ressentir pour une époque que l’on n’a pas connue. Ou peu connue, en ce qui me concerne.
Plus j’avance dans ma vie, plus je me trouve hyper connectée, avec une pression à le rester. Et moi-même, je mets cette pression aux autres, inconsciemment. J’en parlais d’ailleurs dans cet article.
Il y a quelques mois, j’ai fait un jeu de rôle grandeur nature, durant lequel j’évoluais dans les années 80. Mis à part le côté jeu, j’avoue que ne pas être joignable sans cesse et de n’avoir « que » des outils analogiques (walkman, radio, téléphone fixe) était quelque part reposant.
Mais ça, c’était un jeu. Je suis une enfant qui a grandi dans les années 1990 et 2000 et je fais partie de celles et ceux qui ont connu l’arrivée d’Internet et du numérique dans nos vies1. J’ai donc connu au final assez peu de moments déconnectés durant ma « grande enfance ». Néanmoins, les technologies à ma dispositions seraient aujourd’hui qualifiés comme préhistoriques : un nombre de SMS limités la plupart du temps, une connexion Internet qui sautait dès qu’on devait passer un appel. Et pourtant, ça me suffisait.
Alors, qu’est-ce qui a changé ? Me concernant, je pense que j’ai baigné de plus en plus dans la technologie, au point où elle infuse désormais toute ma vie. Je dégaine le téléphone au moindre besoin, je passe mes journées sur ordinateur pour le travail, je bloggue… Il y a beaucoup d’écrans, à tel point que parfois je sature et je pense qu’il s’agit de la raison primaire pour laquelle je fantasme cette période où moins de choses étaient liées à la technologie.
Clairement, on se dirige vers une double voie du « tout numérique », de la surconsommation de biens et celle de la raréfaction des matériaux, de l’eau… bref, des ressources naturelles. Et ce chemin dont les deux voies divergent de plus en plus et ça me fait peur, clairement.
Déjà, parce que ce fantasme du « tout numérique » laisse plein de personnes de côté2 et que de nombreuses personnes souffrent encore d’illectronisme. Dedans, il y a les personnes âgées, celles qui n’ont pas accès à des outils pour des raisons financières ou de connaissances… Il s’agit d’un réel sujet qui préoccupe trop peu les pouvoirs en place. Quant à dire que ça les arrange ? Je ne me prononcerai pas sur ce sujet 👀
En ce qui concerne la surconsommation, je n’envie pas les années 80 à 2000, car c’était clairement la foire. Bon, je ne dis pas que c’est mieux maintenant, au contraire. Maintenant, les entreprises polluent, mais c’est « écolo » (coucou les sacs pseudo-compostables mais toujours en plastoc). Et la publicité qui nous inonde et qui déborde des réseaux sociaux et pollue ma vie : on ne peut pas regarder une vidéo YouTube sans être interrompu·e par des publicités, la moindre séance de scrolling sur Instagram fait apparaître au moins autant de pubs que de posts « normaux » (sans compter les posts sponsorisés hein).
C’est chaud, non ?
Parfois j’avoue, je me laisse avoir par la publicité. Parfois je regrette, parfois non. Mais la plupart du temps, je suis tentée de fuir le moindre écran pour esquiver ces publicités.
Et puisque je suis sur le sujet des réseaux sociaux, toute la créativité y est ligotée par les besoins de l’algorithme. Et je ne blâme pas les créateurices en écrivant cela, ils et elles sont tributaires de quelque chose d’abscons et de designé pour tirer le max de profit pour les gens qui maîtrisent cet algorithme.
Pour autant, je reste dans cette situation d’amour-haine envers les réseaux sociaux, en particulier Instagram. J’y découvre des merveilles, des gens fabuleux, de la poésie, de la beauté, de la militance, une bulle dans laquelle je me sens moi-même car elle me parle. Parmi la publicité et les propositions de contenus qui tombent à côté, je distingue encore ce pour quoi a été créé Insta. Ou en tout cas, ce que je cherche en me connectant à cette application.
Je crois que la publicité a toujours plus ou moins existé sur les réseaux sociaux (première pub Facebook en 2004) et on a toujours plus ou moins écrit et posté selon des règles/tendances/buts, pour être vu·e. En cela, c’est une forme d’anemioa car je n’ai pas connu de réseau social sans publicité (la publicité est le nerf de la guerre, c’est le capitalisme bébé).
Comme d’habitude, il s’agit d’un point de vue personnel, mais j’avoue que je serais ravie d’avoir le tien pour élargir ma vision des choses. N’hésite pas !
À bientôt !
Je fais partie des gens plus vieux que Google, y’a quoi ?!

